On vaut mieux que ça, mon expérience dans une SS2I

Fabbook Life and Dev

J'ai lu récemment différents témoignages sur le monde du travail. Et je dois dire que certaines histoires m'ont touché et certaines m'ont fait froid dans le dos. Aujourd'hui j'aimerais aussi partager ma mauvaise expérience mais aussi comment j'ai réussi à la surmonter, et à quel prix. J'espère qu'à travers cette petite tranche de vie je puisse donner un peu d'espoire à certains.

Il était une fois, moi avec un diplôme d'ingénieur. J'obtiens mon premier emploie en CDI dans une SS2I et me voilà enfin actif, je vais pouvoir devenir une grande personne et contribuer au PIB de mon pays.

Je commence mon métier de programmeur, l'ambiance est bonne et j'apprends tant bien que mal à faire des logiciels. Un jour nous changeons nos bureaux et il se passe une chose très intéressante, les développeurs sont dans une pièce et le chef de projet ainsi que l'architecte sont dans un plus petit bureau avec une grande fenêtre donnant sur nos bureaux.

Petit à petit j'ai senti une hiérarchie de plus en plus pesante. Chaque erreur dans mon travail se traduisait par une convocation dans le bureau du management (La tour de verre) et j'avais droit à une réprimande qui sentait bon l'école primaire “c'est pas bien Fabien !”.

Ce qui me fait rire maintenant c'est le caractère schizophrène de la situation. D'un côté mes supérieurs me demandaient dès les tutoyer et de les appeler par leurs prénoms mais d'un autre ils me rappellaient chaque jour que je ne suis qu'un exécutant et que nous ne sommes pas égaux. Je dois faire valider chacune de mes décisions techniques, aucun crédit ne m'est accordé, mais aussi aucun accompagnement pour me faire progresser ne m'ait proposé. Quelle que soit la situation ils ont forcément raison.

Un jour j'explose, que dis je ? J'atomise un projet

Le plus intéressant arrive après cette “catastrophe”, je reçois une convocation par email de mon N+3.

La réunion commence gentiment par un “c'est une réunion bat de baseball”. Et en effet il ne ment pas sauf que c'est moi qui fais la balle. J'ai droit à une évaluation de mes performances, de ma personnalité aussi. Rien n'est épargné ainsi que les commentaires singlants. J'essaye de discuter et de remettre les choses en perspective, d'expliquer que les tords sont partagé, mais la réponse est désarmante : “Tes managers se sont beaucoup remis en question tu sais”. C'est bon à savoir car ils ne m'ont pas fait part de leurs remises en question.

Je suis sans voix après cet entretien et j'ai les larmes au bord des yeux, mais je dois retourner travailler. Je me sens juste mauvais, rien de bon ne sortira jamais de moi.

Je décide alors de démissioner et de partir travailler à l'étranger. Je me donne à fond dans une startup en laquelle je crois à mort et au bout de 5 mois et demie je suis renvoyé pour raison économique.

Et là je réalise : “Mais en fait, le travail c'est juste pour gagner de l'argent ? Pourquoi je dois y laisser toute mes émotions et ma santé?”

C'est assez bête quand on y pense mais pourquoi se mettre plus de pression que nécessaire? En quoi celà nous aide de vivre dans la peur et le stress ? Travaille-t-on mieux ?

Aujourd'hui je clame haut et fort que non, le travail est juste un moyen de gagner sa vie mais pas un moyen de la construire. Je n'ai pas besoin d'être pote avec mes collègues, je peux avoir une vie sociale en dehors.

À la question “qu'est ce que tu fais ?” je ne suis pas obligé d'énoncer l'intitulé de mon poste comme seul moyen de me définir, je peux répondre “je fais du grappling, de la boxe, de la cuisine, de la photo etc …”

Et depuis je suis en paix avec ce que je fais, j'ai maintenant la chance de travailler pour un vrai leader et non pas un petit chef. Et je fais ce qu'il faut faire, ni plus ni moins. Si quelque chose ne fonctionne pas, personne n'en mourrera.

Du coup je suis plus relax et le plus marrant c'est que j'ai même reçu un prix dans mon entreprise allemande pour la qualité de mon travail, comme quoi il est possible de vivre bien son travail tout en le faisant bien.

Photo de mon trophé